dimanche 9 janvier 2011 /

François Perin: "Supprimer ce pays qui ne tient pas debout"

La Libre: "Supprimer ce pays qui ne tient pas debout"

Mis en ligne le 06/11/2007

François Perin ne sait pas comment se terminera la crise actuelle, la plus longue qu'ait connue le pays. Mais il estime que la Belgique est à bout.

ENTRETIEN

François Perin, 86 ans, sait de quoi il parle. Professeur émérite de droit constitutionnel, fondateur du Mouvement populaire wallon, puis, plus tard, du Rassemblement wallon, ministre des Réformes institutionnelles dans les années 70, ancien sénateur... Il a été de nombreux combats communautaires, le plus souvent en première ligne. Il ne s'exprime plus guère publiquement aujourd'hui. Il est vrai qu'il vient de le faire longuement, dans un ouvrage rédigé par Jules Gheude (1). "La Libre" l'a joint récemment. Voici ce qu'il nous disait de la crise actuelle, qui est désormais la plus longue qu'ait connue le pays.

La négociation gouvernementale patine. Cela vous inspire quoi ?

Mais ce système ne tient plus. Il faut supprimer ce pays qui ne tient pas debout. Un journaliste de "The Economist" a écrit récemment que la Belgique pouvait cesser d'exister parce qu'elle avait joué son rôle de tampon entre les Français et les Anglais après les désastres de Napoléon.

Oui, mais concrètement, on fait comment ?

Les Flamands peuvent se "néerlandiser". Et les Wallons se "franciser". Et ce sera fini. Je ne peux pas dire mieux que le journaliste du "Economist". Quand vous avez un talent, où trouve-t-il à s'épanouir ? Même Brel, qui était un Belge typique puisqu'il habitait Bruxelles, qu'il était issu d'une famille flamande et qu'il chantait en français, a dû aller à Paris pour rencontrer le succès. Où croyez-vous que la fantaisiste, l'amuseuse, la sotte Annie Cordy, à qui la RTBF a donné la parole pour raconter l'histoire de Belgique aux gens qui l'ignorent trop, ait gagné sa vie ? Quand on a du talent comme Cécile de France (elle n'a pas choisi de s'appeler comme cela), Marie Gillain, Emilie Duquesne ou même Benoît Poelvoorde, où va-t-on pour faire carrière ? Et quand un écrivain a du talent, où est-il édité ? A Paris. Mais vous savez la difficulté ? Les hommes politiques belges ne seraient plus rien. Di Rupo, il n'est plus rien sans la Belgique. Il est allé à Lille pour soutenir Ségolène Royal durant la campagne présidentielle française. Là-bas, on l'a accueilli comme le président du parti socialiste de Belgique.

Mais la Belgique, certains y tiennent encore...

Les drapeaux, on ne les voit qu'à Bruxelles et en Wallonie. Voilà 40 pc de la population qui veulent être Belges tout seuls. Monsieur Delpérée veut en faire un Royaume de Belgique résiduaire. C'est la dérision de la dérision.

Et Bruxelles ?

Ah, mais Bruxelles a bien changé depuis 1830. Ce n'est plus une petite capitale. C'est devenu une ville cosmopolite. Cent cinquante nationalités y vivent...

On en fait une ville autonome ?

Une ville libre internationale n'a même pas l'obligation de se faire reconnaître par l'Onu. Monaco n'est pas à l'Onu. Il n'y a que le Saint-Siège qui y est, parce qu'il veut pouvoir fourrer son nez dans les affaires du monde, avec l'alibi de l'Etat.

Concrètement ?

Tous les habitants de Bruxelles seraient citoyens de la ville : ils procéderaient à l'élection de leur assemblée et de leur exécutif.

Dans l'Europe d'aujourd'hui, les frontières réelles n'existent plus, puisqu'il y a liberté des biens et des personnes.

En raison de la langue prédominante, les Bruxellois passeront des traités d'association avec leurs voisins, Français compris, de façon à ce qu'on puisse faire ses études aussi bien à Bruxelles ou à Liège qu'à Paris. Mais ce sont des hypothèses. Car je ne sais ce qui va se passer demain. Je n'exclus ni le coup de force ni, à mon grand dam, parce que je suis un non-violent, la violence. Il y a des enragés du côté flamand qui ont les nerfs tendus. Ils ont un complexe de revanche. Et veulent reprendre Bruxelles. Qu'en pensent les Bruxellois ? Je ne sais pas. Charles Picqué est d'un silence assourdissant. Or, quand on ne dit rien, on se fait bouffer.

Que pensez-vous des partis francophones ?

Je ne sais pas ce qu'ils vont faire. Et je ne sais pas comment ils vont s'en sortir. Ils vont sans doute lâcher quelque chose pour sauver la patrie. Ils sauvent la patrie comme cela depuis 1950.

Elle est toujours là...

Oui, c'est vrai. Les Flamands sont un peu ambigus aussi. On sort ? On ne sort pas ? On en veut ? On n'en veut pas ? Comme c'est difficile et qu'ils rencontrent des obstacles, même dans leur propre population, ils ne savent pas exactement ce qu'ils veulent. Ils suivent leurs leaders.

(1) "L'incurable mal belge. Sous le scalpel de François Perin" par Jules Gheude, éditions Mols.

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jeudi 25 février 2010 /

Jules Gheude sur la disparition de l'Etat belge

Ci-dessous, vous trouverez la dernière "carte blanche" de Jules Gheude, parue dans "Le Soir" du 28 janvier 2010.

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Bruxelles et le confédéralisme

Ci-dessous un article publié dans "Brussels Studies" qui contient des éléments intéressants sur l'avenir institutionnel de la Belgique. Notez cependant que nous ne partageons pas du tout la thèse défendue selon laquelle il faudrait "créer" trois Etats pour constituer une union confédérale entre les parties de la Belgique, donc d'abord organiser une scission formelle de l'Etat belge. Par ailleurs cet article reste silencieux sur la vraisemblance politique et juridique d'une telle construction confédérale (que nous ne souhaitons pas).

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mardi 2 février 2010 /

mardi 1 décembre 2009 /

Lettre ouverte à Charles Picqué


Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Le 20 octobre 2009, nous avions adressé au Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale, Monsieur Charles Picqué, un courrier recommandé à la poste l’invitant à la plus grande fermeté sur la question de la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, tout en lui suggérant une solution alternative.

Cette question est, en effet, centrale pour l’avenir d’une Région bruxelloise menacée de son enclavement définitif, faute d'élargissement territorial, dans une Région qui lui est ouvertement hostile et dont elle ne reconnaît même pas l’existence. Nous nous inquiétons d’entendre dans la presse une certaine résignation, voire l’acceptation de « droits reconnus » pour les francophones de la périphérie en échange, alors que ces droits sont censés être déjà bétonnés dans la Constitution.

C’est dire que l’étape suivante sera l’étouffement de Bruxelles (par application de la doctrine Maddens), avant son assimilation (lisez flamandisation) forcée et totale.

Nous déplorons que notre lettre précitée n’ait pu recevoir la moindre réponse. Nous croyons dès lors de notre devoir de citoyen de vous en adresser une copie (ci-jointe), car nous estimons que la problématique bruxelloise mérite mieux qu’un traitement partisan.

Nous vous remercions de l’attention que vous portez à la présente, et vous prions de croire, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, Mesdames et Messieurs les Députés, à l’assurance de nos sentiments les meilleurs,

Pour le Collectif « Union pour la Belgique française »,


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dimanche 11 octobre 2009 /

La contribution de Jacques Lenain aux Etats Généraux de Wallonie

Jacques Lenain est l'auteur d’une étude extrêmement bien structurée et fouillée sur les différentes modalités que pourrait prendre l’union de la Wallonie et de Bruxelles à la France lors de la partition de l'Etat belge. Une partie de ses travaux a été présentée (à titre personnel) lors des Etats Généraux de Wallonie du 9 mai 2009 (EGW). Avec son accord, nous reproduisons ci-dessous sa contribution.

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